Bien décidé à retrouver son statut, Houston a mis les bouchées doubles pour épauler son duo Yao Ming-Tracy McGrady cet été. Avec les arrivées de Luis Scola, de Mike James et le retour de Steve Francis, les Rockets se sont donné les moyens de leurs ambitions. De quoi se mettre à rêver...
Houston a passé la vitesse supérieure. Depuis l'arrivée de Yao Ming en 2002, les Rockets rêvent de renouer avec leur passé glorieux. Celui d'Hakeem Olajuwon où les Texans avaient décroché deux bagues de champion en 1994 et 1995. Conclusion, l'ancienne franchise de San Diego tente de se donner les moyens de ses ambitions depuis plusieurs années. En 2003, c'est Tracy McGrady, le talentueux ailier d'Orlando, qui était venu pour épauler le pivot chinois. Un renfort de poids. Mais voilà, un constat s'est vite imposé : les deux stars texanes, souvent blessées, sont trop seules.
Alors depuis la signature de T-Mac, les Rockets tentent de compléter leur effectif. Petit à petit. L'année passée, l'ancien Grizzly Shane Battier et le King Bonzi Wells étaient venus compléter la troupe. Comme Juwan Howard avant eux et bien d'autres (Alston, Head...). Mais cette année, les dirigeants texans sont passés aux choses sérieuses. L'intersaison est agitée dans le Texas et du lourd débarque. Tout a commencé avec l'échange du vieillissant Juwan Howard contre Mike James. Les Rockets s'offraient là un meneur de talent malgré sa saison en demi-teinte (10.1 pts, 3.6 rbds, 1.7 pds contre 20.3 pts, 5.8 passes, 3.3 rbds la saison passée à Toronto).
Scola fait espérer
Mais surtout, le Toyota Center a frémi quand Houston s'est offert, à la surprise générale, Luis Scola. Le pivot du Tau Ceramica, qui tournait à 16 points et 4,5 rebonds en Espagne et 14,4 points en Euroligue, est un complètement idéal de Yao Ming. "C'est vraiment une bonne recrue. Il est athlétique. C'est vraiment un excellent passeur. Il a désormais un bon petit shoot. Il a une capacité à trouver le point faible des équipes et bonifier ses partenaires. C'est un choix judicieux ", a expliqué Donn Nelson, le général manager des Mavs. "C'est probablement le meilleur ailier-fort d'Europe. Je suis vraiment excité de le voir venir jouer aux côtés de Yao Ming. Ça va être incroyable", renchérit Brent Johnson, qui est scout aux Rockets depuis 10 ans.
San Antonio, qui possédait les droits de l'intérieur argentin, a enfin donné l'autorisation de venir en NBA. Cinq ans après avoir été drafté. Au gros bonheur des Rockets, qui ont juste échangé Vassilis Spanoulis et un second tour de draft. "Il joue toujours juste. J'adore déjà son activité", se réjouit déjà Rick Adelman, l'entraîneur de Houston. T-Mac, Ming, Battier, Alston et Scola, le cinq des Rockets avait déjà fière allure. Mais Houston ne s'est pas arrêté là. Et s'est offert Steve Francis. Quatre saisons après avoir quitté la franchise texane, le meneur, trois fois All Star revient aux sources. Une belle affaire puisque Steve "Franchise", qui a accepté de baisser son salaire pour venir, avait été libéré par Portland. Il voudra se relancer après une saison en demi-teinte marquée par les blessures à New York où il tournait à 11.3 points, 3.6 rebonds et 3.9 pds par match. Bien loin des 18.4 points, 5.6 rebonds et 6.1 passes de moyenne sur l'ensemble de sa carrière.
Apprendre à gagner
Avec l'arrivée de Scola et le retour de Francis (qui s'entend bien avec Yao Ming), les fans texans ont le sourire. Le roster des Rockets est impressionnant. Le cinq est costaud (Francis, McGrady, Battier, Scola et Ming). Le banc, qui était avant le gros point faible du groupe, est aujourd'hui bien rempli (Bonzi Wells, Chuck Hayes, Mike James...). Et même si l'ancienne gloire des playgrounds, Rafer "Skip To My Lou" Alston est sur le départ, tout laisse penser que Houston peut espérer revenir dans les favoris de la Ligue.
Conclusion, on commence à se remettre à rêver dans le Texas. "Nos chances de gagner augmentent. Avec Yao et Tracy, l'équipe avait déjà belle allure mais là, les arrivées de fin de saison laissent envisager un avenir radieux", s'enflamme Daryl Morey, le général manager des Rockets. "Si on gagne le titre, je serais l'homme le plus heureux du monde", annonce Scola. Reste un point important à régler : il va maintenant falloir apprendre à gagner en playoffs, où les Rockets ont encore perdu au premier tour. Un tour qu'ils n'ont plus franchi depuis la saison 1997-98 !